Aucun rapport avec les tourbières. Ce dossier
toxicologique traitant d’une quintuple intoxication en
Maurienne en 1996 par un champignon inconnu avait déjà
fait le tour de plusieurs universités, poussé par le
Centre de Toxicovigilance du C.H.U. Grenoble. Le dynamique Dr
Philippe Saviuc, toxicologue au Centre, avait rassemblé une
importante quantité d’informations sur ces cas, et
cherchait une personne capable de déterminer de manière
définitive le champignon responsable.
Plusieurs
publications avaient déjà fait état de ces
intoxications, avec des tentatives d’identifications peu
convaincantes et contradictoires. A mon arrivée à
l’Université de Savoie, le dossier m'a été
confié par le Pr Courtecuisse, dont toute l'activité
professionnelle et personnelle est à présent consacrée
à l'Ibnventaire National.
L’enquête
taxinomique a duré d’août 1999 à juin 2000,
pour aboutir aux conclusions suivantes :
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CLITOCYBE AMOENOLENS Malençon EST UNE
ESPECE TOXIQUE, à syndrome acromélalgien
(paresthésies, oedèmes, rougeurs des extrémités,
crises paroxystiques). Il s’agit d’intoxications non
mortelles mais extrêmement douloureuses, pouvant durer
plusieurs mois. Jusqu’alors, seul un champignon japonais,
Clitocybe acromelalga Ichimura, était connu somme
responsables de tels symptômes.
Cette espèce est
un sosie presque parfait (mais à forte odeur aromatique) d’une
espèce comestible, Lepista gilva (Fr.) Sing. (clitocybe
givré), à odeur faible. Il possède également
une ressemblance avec Lepista inversa (clitocybe renversé),
avec lequel il avait été confondu lors des
intoxications en Maurienne.
C. amoenolens semble
écologiquement bien circonscrit, limité aux fonds de
vallées sèches et aux versants sud de l’étage
montagnard des Alpes calcaires ; la vallée de la Maurienne,
autour de Lanslebourg (où il est abondant sous mélèzes
du 15 août au 15 septembre) représente actuellement sa
limite septentrionale. Il est connu des Hautes-Alpes, des Alpes
Maritimes, des Abruzzes (Italie) et du moyen-Atlas (Maroc).
Pour
en savoir plus :
Spécial Champignons magazine,
novembre 2000 (extrait ci-dessous):
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Liens :
Des
champignons dans les tourbières
Champignons
et cycle forestier en milieu subalpin
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